2- Famille de Beaumont (avant 1400)

Avant 1400

La Favrière a appartenu a une famille de Beaumont avant de passer, au milieu du XVe siècle, entre les mains des Le Mastin, membres d’une famille habitant le manoir de La Rochejaquelein (4). La difficulté aujourd’hui encore est de déterminer précisément
laquelle des nombreuses familles de Beaumont en était propriétaire.

La région à cette époque se trouvait en effet non seulement dominée par les puissants seigneurs de Beaumont de Bressuire, mais également parsemée de seigneuries dépendant soit directement de ces seigneurs ou de membres de leur famille, soit encore de seigneurs portant le même nom mais sans rapport direct avec eux.

La filiation de cette famille n’a d’ailleurs, à ce jour, pas été clairement établie en dépit des nombreux travaux dont elle a fait l’objet. Les Beaumont étaient présents dans un grand nombre de paroisses du Bas-Poitou (5) et comportaient plusieurs branches : Beaumont-Bressuire, Beaumont-Dorides (Les Aubiers, Saint-Clémentin), Beaumont-Glenay, Beaumont-la-Forêt (La Forêt-sur-Sèvre), Beaumont-Nueil… Bélisaire Ledain, très attaché à retracer l’histoire de Bressuire, pensait que les premiers membres de la famille de Beaumont-Bressuire venaient de Nueil-sous-les-Aubiers (6). Une seigneurie de Beaumont existait en effet en plein centre de ce bourg. Beauchet-Filleau, auteur du Dictionnaire des familles du Poitou, voyait au contraire l’origine des puissants seigneurs de Bressuire a Clazay. Henri-Louis Chasteigner (7), évêque de Poitiers écrivant à Duchesne, vers 1640, disait avant lui que le domaine primitif était le fief de Beaumont situé dans le bourg de Luzay. Quant a Dom Fonteneau, il pensait, de son côté, que les Beaumont étaient originaires d’une seigneurie de ce nom située prés de Mortagne et de T iffauges. Si cette dernière hypothèse ne semble guère probante pour déterminer l’origine des Beaumont-Bressuire, elle reste intéressante pour l’histoire de La Favrière, car Pierre de Beaumont qui était désigné avant les Le Mastin comme propriétaire de La Favrière était également qualifié de
seigneur du Bois-Charruyau.
Or, aucun village de ce nom ne semble avoir existé dans la région de Nueil-sous-les-Aubiers. En revanche, prés de La Romagne située aujourdhui en Maine-et-Loire (8) et donc non loin de Mortagne, on trouve l’existence, non seulement d’un village du Bois-Charruau, mais également celle d’un Grand et
d’un Petit-Beaumont. On trouve aussi un certain Geoffroi de Nueil (9) au Charruelle du Puy-Saint-Bonnet (« molendinum de Charruel »), à La Véralière des Aubiers et au bourg-neuf (Bourneau) de Mauléon.

Sans pouvoir, cependant, déterminer avec précision où habitait vers 1364 Pierre de Beaumont, il faut noter qu’il était à cette époque en relation avec le seigneur de Montaigu, Mallièvre et Passavant. C’est en effet avec Béraud (ou Barthélémy) de La Haye-Passavant que l’aînée des filles de Pierre de Beaumont fut
mariée au milieu du XIVe siècle. Veuve, elle se remaria en 1375 avec Louis Parthenay-L’Archevéque, seigneur de Taillebourg (Charente-Maritime). Si Pierre de Beaumont semblait ainsi demeurer à proximité de Mortagne, il n’en fréquentait pas moins Bressuire, puisque l’une de ses filles fut à sa mort inhumée
dans la chapelle des Cordeliers de cette ville. C’est peut-être aussi dans la capitale du Bocage que le descendant des seigneurs de Bressuire rencontra Jean Le Mastin, gentilhomme campagnard alors propriétaire des terres de La Rochejaquelein à Voultegon. Ou peut-être était-ce encore lors de la revue du
vicomte de Thouars, en juillet 1385, à laquelle Jean Le Mastin participait. Toujours est-il que le 12 mai 1399 (10) Gilles Le Mastin, fils de Jean, épousait la dernière des filles de Pierre de Beaumont seigneur de Nueil et du Bois-Charruyau par contrat passé devant Dalibert notaire à la cour de Mauléon.

Laisser un commentaire